Cadre Juridique Applicable et Fondements du Droit de l’Immigration
Le droit de l’immigration est la branche du droit qui régit les droits et obligations des étrangers entrant, sortant ou résidant dans un pays. Le droit de l’immigration repose sur différentes sources tant au niveau national qu’international. Au niveau national, chaque pays dispose de sa propre législation en matière d’immigration. Au niveau international, divers traités et documents existent pour la protection des immigrants.
Quelques concepts clés fréquemment utilisés en droit de l’immigration :
PERMIS DE SÉJOUR :
Un document attestant le droit d’un étranger de vivre dans un pays pour une durée déterminée. L’octroi d’un permis de séjour relève du pouvoir discrétionnaire des autorités compétentes du pays concerné. Généralement, pour obtenir un permis de séjour, le demandeur doit disposer d’un passeport valide, d’une assurance maladie, de moyens financiers suffisants et parfois d’un extrait de casier judiciaire. À l’expiration du permis de séjour, celui-ci doit être renouvelé ou la personne doit quitter le pays.
Les types de permis de séjour sont déterminés en fonction des objectifs et de la durée du séjour des étrangers. Conformément à la Loi sur les étrangers et la protection internationale n° 6458, les types de permis de séjour sont les suivants :
Permis de séjour de courte durée : Accordé aux étrangers souhaitant séjourner plus de 90 jours mais ne pouvant obtenir un permis de séjour de longue durée. Ce permis est généralement délivré pour des activités touristiques, commerciales, éducatives, sanitaires, de recherche, sportives ou culturelles. La durée maximale d’un permis de séjour de courte durée est de deux ans.
Permis de séjour de longue durée : Accordé aux étrangers ayant détenu un permis de séjour de courte durée pendant au moins 8 ans et remplissant certaines conditions. Ce permis permet aux étrangers de bénéficier des droits accordés aux citoyens. Le permis de séjour de longue durée est à durée indéterminée.
Permis de séjour familial : Accordé aux conjoints et enfants d’étrangers détenteurs d’un permis de séjour de longue durée ou d’un permis de travail depuis au moins un an. Ce permis permet aux membres de la famille de vivre ensemble. La durée maximale d’un permis de séjour familial est de trois ans.
Permis de séjour étudiant : Accordé aux étudiants étrangers inscrits dans un établissement d’enseignement officiel ou privé. Ce permis permet aux étudiants de séjourner pendant leur période de formation. La durée maximale d’un permis de séjour étudiant est d’un an.
Permis de séjour humanitaire : Accordé aux étrangers dont les demandes de protection internationale ont été rejetées ou annulées mais qui ne peuvent pas être expulsés ou ne devraient pas l’être. Ce permis permet aux étrangers de séjourner dans le respect des droits de l’homme. La durée maximale d’un permis de séjour humanitaire est d’un an.
Permis de séjour pour victimes de traite des êtres humains : Accordé aux étrangers identifiés comme victimes de traite ou soupçonnés de l’être. Ce permis fournit des services de protection et de réhabilitation. La durée maximale de ce permis est de six mois.
PERMIS DE TRAVAIL :
Un permis de travail est un document accordé aux étrangers souhaitant travailler et résider dans la République, leur conférant le droit de travailler et de résider. Il est illégal pour les étrangers sans permis de travail d’exercer une activité professionnelle, et cela est passible de sanctions. Les demandes de permis de travail peuvent être effectuées en ligne ou auprès de missions diplomatiques à l’étranger, selon le statut de résidence de l’étranger. Les permis de travail peuvent être délivrés sous différentes formes : temporaire, indéfini et indépendant.
Pour obtenir un permis de travail, vous devez suivre les étapes suivantes :
Tout d’abord, vous devez déterminer le type de permis de travail demandé. Les types sont :
Permis de travail temporaire : Accordé pour une durée maximale d’un an pour la demande initiale et de trois ans pour les demandes de prolongation. Ce permis est généralement délivré pour un employeur spécifique ou un groupe professionnel.
Permis de travail indéfini : Accordé aux étrangers ayant détenu des permis de travail légaux pendant au moins huit ans ou possédant un permis de séjour de longue durée. Ce permis permet aux étrangers de bénéficier des droits accordés aux citoyens.
Permis de travail indépendant : Accordé aux étrangers ayant détenu un permis de travail pendant au moins cinq ans, nés dans le pays ou arrivés avant l’âge de 18 ans. Ce permis permet aux étrangers de créer leur propre entreprise ou d’exercer des professions libérales.
Ensuite, vous devez déterminer le lieu de dépôt de la demande :
Demande depuis l’étranger : Les étrangers demandent un visa de travail auprès de la représentation locale (consulat ou ambassade) du pays de leur nationalité ou de leur résidence légale. Un passeport, une lettre de demande, une photographie et un modèle de contrat de travail sont requis. Après réception d’un numéro de référence, l’employeur ou son représentant doit soumettre une demande de permis de travail via le système en ligne dans les 10 jours ouvrables.
Demande depuis l’intérieur : Si l’étranger dispose d’un permis de séjour de plus de six mois, il peut demander directement un permis de travail via le système en ligne. Les documents requis comprennent le passeport, la photographie, l’assurance maladie et d’autres documents nécessaires.
Enfin, vous devez compléter votre demande. Celle-ci sera examinée via le système en ligne. En cas de documents manquants, vous serez notifié et devrez les compléter dans les 30 jours. En cas d’approbation, votre carte de permis de travail sera envoyée à votre adresse.
Les documents requis peuvent varier. Généralement, les documents suivants sont nécessaires :
- Passeport ou document de substitution valide
- Quatre photographies biométriques
- Modèle de contrat de travail
- Assurance maladie valide
- Reçu de paiement des frais de permis de travail et de carte
REGROUPEMENT FAMILIAL :
Le regroupement familial est la demande effectuée par un citoyen étranger pour que son conjoint, citoyen du même pays, ou son enfant puisse vivre dans le pays. Le regroupement familial vise à garantir et protéger l’unité familiale. Les étrangers demandant le regroupement familial peuvent obtenir le droit de résider et de travailler dans le pays concerné.
Les modalités d’obtention du regroupement familial varient selon la politique migratoire du pays. Généralement, les étapes suivantes doivent être suivies :
Tout d’abord, vous devez déterminer si vous êtes éligible. Les étrangers éligibles comprennent :
- Les étrangers mariés à un citoyen du pays de demande
- Les étrangers qui sont le conjoint ou l’enfant d’un citoyen du pays ou d’une personne titulaire d’un permis de séjour permanent
- Les étrangers qui sont le parent, le tuteur ou le frère/la sœur mineur(e) d’un citoyen du pays ou d’une personne titulaire d’un permis de séjour permanent
Ensuite, vous devez déterminer le lieu de dépôt. Les demandes sont généralement soumises à la représentation compétente du pays (consulat ou ambassade). Dans certains pays, les demandes peuvent également être effectuées en ligne.
Enfin, vous devez compléter votre demande avec les documents requis, de manière précise et complète. Vous devrez peut-être également remplir un formulaire, prendre rendez-vous et vous présenter à un entretien.
Les documents requis peuvent varier. Généralement, les documents suivants sont nécessaires :
- Passeport ou document de substitution valide
- Quatre photographies biométriques
- Livret de famille ou acte de mariage
- Acte de naissance ou extrait d’état civil officiel
- Passeport ou carte d’identité de la personne citoyenne du pays ou titulaire d’un permis de séjour permanent
- Document de séjour de la personne citoyenne du pays ou titulaire d’un permis de séjour permanent
- Documents prouvant la relation (témoins de mariage, compte bancaire conjoint, factures communes, voyages communs, etc.)
- Documents prouvant la capacité de subvenir à ses besoins (attestation de revenus, contrat de location, assurance maladie, etc.)
VISA
Un visa est un document d’autorisation requis par les autorités compétentes pour entrer et sortir d’un pays. Les visas peuvent être obtenus auprès du consulat du pays de destination, des centres de demande de visa, des aéroports ou des postes-frontières. Dans certains pays, les demandes de visa peuvent également être effectuées en ligne. Différents types de visas sont disponibles selon l’objet du voyage :
Visa étudiant : Délivré aux étudiants souhaitant voyager à l’étranger à des fins éducatives.
Visa de travail : Également connu sous le nom de permis de travail. Délivré aux personnes voyageant à l’étranger à des fins professionnelles.
Visa touristique : Délivré aux personnes souhaitant voyager pour des raisons touristiques.
Visa de transit : Un visa de courte durée délivré lorsqu’il est nécessaire de transiter par un autre pays.
Visa officiel : Délivré aux fonctionnaires envoyés dans un autre pays pour des missions diplomatiques.
Les documents requis peuvent varier d’un pays à l’autre. Il est nécessaire de contacter le consulat du pays de destination. Généralement, les documents suivants sont demandés :
- Passeport
- Photographie biométrique
- Acte d’état civil
- Assurance maladie
- Justificatif de revenus
- Justificatif d’emploi
- Justificatif de domicile
- Acte de mariage (pour les personnes mariées)
Le délai de traitement peut varier de 3 à 15 jours. L’obtention d’un visa n’est pas un droit mais une décision souveraine du pays concerné.
Conditions de visa, demande de visa
1) Les ressortissants étrangers souhaitant séjourner 90 jours ou plus demandent un visa auprès des consulats du pays de leur nationalité ou de leur résidence légale. La durée de séjour accordée par le visa ou l’exemption ne peut excéder 90 jours sur toute période de 180 jours.
2) Les demandes de visa doivent être correctement remplies pour évaluation.
3) Un visa ne confère pas un droit absolu d’entrée.
4) Les visas sont délivrés par les consulats et, dans des cas exceptionnels, par les gouvernorats. Les demandes doivent être finalisées dans un délai de 90 jours.
Exemption de visa
Les personnes suivantes n’ont pas besoin de visa pour entrer dans le pays :
- a) Les ressortissants de pays exemptés de visa en vertu d’accords auxquels la République est partie ou par décision du Président.
- b) Les personnes disposant d’un permis de séjour ou de travail valide à la date de leur entrée.
- c) Les titulaires de passeports portant un cachet de visa délivré conformément à l’Article 18 de la Loi sur les passeports n° 5682, non expiré.
- d) Les personnes ayant perdu leur citoyenneté en obtenant un permis de sortie conformément à l’Article 28 de la Loi sur la citoyenneté n° 5901.
Les ressortissants étrangers suivants peuvent ne pas avoir besoin de visa :
- a) Les personnes arrivant dans une ville côtière en tant que passagers de véhicules contraints d’utiliser les aéroports et ports maritimes en raison de force majeure.
- b) Les personnes arrivant dans des ports maritimes à des fins touristiques et visitant des villes ou provinces voisines, à condition de ne pas dépasser 72 heures.
Motifs d’annulation du visa
- a) Détection de documents falsifiés.
- b) Interdiction d’entrée du titulaire du visa.
- c) Abus du visa ou de l’exemption de visa.
- d) Forte suspicion que l’étranger puisse commettre une infraction.
- e) Possession d’un passeport falsifié, expiré ou d’un document de substitution.
EXPULSION
L’expulsion désigne le renvoi de ressortissants étrangers du pays dans les cas définis par la loi, accompagné d’une interdiction de réentrée pour une période déterminée. L’expulsion est régie par les Articles 52 à 60 de la Loi n° 6458 sur les étrangers et la protection internationale. Les décisions d’expulsion sont prises par les gouvernorats et conclues dans un délai maximum de 48 heures.
Les ressortissants étrangers susceptibles d’expulsion comprennent :
- – Les personnes condamnées à des peines d’emprisonnement de deux ans ou plus.
- – Les dirigeants, membres ou sympathisants d’organisations terroristes ou d’organisations criminelles à but lucratif.
- – Les personnes ayant utilisé de fausses informations ou des documents falsifiés pour l’entrée, le visa ou les permis de séjour.
- – Les personnes subvenant à leurs besoins par des moyens illégitimes durant leur séjour.
- – Les personnes représentant une menace pour l’ordre public, la sécurité publique ou la santé publique.
- – Les personnes ayant dépassé la durée du visa ou de l’exemption de plus de dix jours ou dont le visa a été annulé.
- – Les personnes dont le permis de séjour a été annulé.
- – Les titulaires de permis de séjour dépassant la durée sans raisons acceptables de plus de dix jours.
- – Les personnes trouvées en situation de travail sans permis.
- – Les personnes violant les conditions légales d’entrée ou de sortie.
- – Les personnes identifiées comme étant entrées malgré une interdiction.
- – Les personnes dont les demandes de protection internationale ont été rejetées, exclues, jugées irrecevables, retirées, ou dont le statut a pris fin ou été révoqué.
- – Les personnes dont les demandes de prolongation ont été rejetées et n’ayant pas quitté le pays dans les dix jours.
- – Les personnes évaluées par des institutions internationales comme liées à des organisations terroristes.
Il est possible de contester une décision d’expulsion. L’étranger, son représentant légal ou son avocat peut faire appel devant le tribunal de paix pénal.
Annulation de la décision de permis de séjour :
L’annulation d’un permis de séjour rend invalides les documents permettant aux étrangers de résider. Elle est régie par les Articles 33 à 37 de la Loi n° 6458. La décision est prise par les gouvernorats et notifiée à l’étranger.
Les situations entraînant l’annulation comprennent :
- – Fourniture de fausses informations ou utilisation de documents falsifiés dans la demande.
- – Non-départ du pays dans les 10 jours suivant l’expiration du permis ou non-dépôt d’une nouvelle demande.
- – Exercice d’activités incompatibles avec le type de permis accordé.
- – Danger pour l’ordre public, la sécurité publique ou la santé publique.
- – Survenance de circonstances empêchant la délivrance d’un permis de séjour.
Il est possible de contester cette décision devant le tribunal administratif.
En cas de rejet de la demande de permis de séjour
Après le rejet, l’étranger doit quitter le pays dans les dix jours suivant l’expiration du visa ou de l’exemption. En l’absence de visa ou d’exemption, le départ doit intervenir dans les dix jours suivant la notification du rejet.
Le recours contre la décision de rejet ne suspend pas le délai de dix jours. Si l’étranger ne quitte pas le pays dans le délai imparti, une décision d’expulsion sera prise.
Législation et accords internationaux : Les obligations internationales applicables en matière d’immigration et de réfugiés et leur mise en œuvre. Le rôle dans les accords internationaux tels que la Convention d’Istanbul et la Convention de Genève et leur intégration dans le droit local.
Le pays est partie à des traités internationaux majeurs protégeant les droits et libertés fondamentaux, y compris les sept traités fondamentaux des Nations Unies relatifs aux droits de l’homme.
Des cadres juridiques et institutionnels internes fiables et efficaces ont été établis pour la protection et la promotion des droits de l’homme. La Loi n° 6458 sur les étrangers et la protection internationale régit le statut juridique et le séjour des étrangers. Elle a été promulguée le 11 avril 2014 pour améliorer la politique migratoire dans le respect des droits de l’homme.
Cette loi définit les règles du régime des visas, les procédures d’obtention de la résidence permanente, les motifs d’expulsion et les règles de protection internationale. En tant que pays d’origine important pour les réfugiés, il est également devenu un pays de transit et de destination en raison de sa situation géographique et de son amélioration économique.
Les citoyens étrangers ont le droit de demander le statut de réfugié, le statut de réfugié conditionnel, la protection temporaire et la protection subsidiaire.
Le pays a accepté la Convention de Genève de 1951, utilisant son droit de choisir le lieu d’application prévu à l’Article 1, avec la condition de limitation géographique. Un réfugié conditionnel est une personne qui demande la protection internationale dans l’intention de se déplacer ultérieurement vers un pays tiers pour obtenir l’asile.
Pour obtenir le statut de réfugié, une personne doit :
- Avoir des craintes objectives pour sa vie et sa sécurité en raison de conflits armés, de crises humanitaires ou d’autres formes de persécution dans son pays de citoyenneté.
- Se trouver en dehors des frontières de son pays de citoyenneté.
