Citoyenneté par investissement 2026 : programmes en vigueur, montants et programmes fermés
La citoyenneté par investissement est l’acquisition d’une nationalité par décision de l’État qui l’accorde, en contrepartie d’un investissement que fixe sa propre loi : une contribution à un fonds public, un achat immobilier, un dépôt bancaire ou la création d’une entreprise. En Turquie, le seuil est de 400 000 USD en immobilier, avec interdiction de revendre pendant trois ans (règlement d’application de la loi n° 5901, article 20/2). Chaque programme est un texte national qui se lit à sa date, et c’est là que se perdent la plupart des comparaisons : Malte a abrogé le sien le 29 juillet 2025, Chypre n’en a plus depuis 2020, et plusieurs programmes des Caraïbes ont changé leurs montants en 2024, alors que les anciens chiffres circulent encore.
Le choix entre ces programmes se fait sur leurs textes en vigueur, pour votre patrimoine et pour votre famille ; le cabinet conduit ensuite le dossier du programme retenu, et la Turquie est celui qu’il connaît le plus en profondeur. Écrivez-nous sur WhatsApp au +90 530 127 59 35 ou à info@serkalaw.com en indiquant votre nationalité, les programmes que vous regardez et les membres de la famille à inclure.
La Turquie a changé le 28 septembre 2026 deux règles qui pèsent dans toute comparaison chiffrée. Le TTB, l’attestation par laquelle le registre foncier confirme le montant investi, peut désormais dater de douze mois au lieu de six au moment de la demande d’opération ouvrant la nationalité, et l’évaluation qui le fonde peut venir de toute société agréée par le Conseil des marchés de capitaux (SPK), alors que GEDAŞ seule était admise depuis le 4 mars 2024 ; une GYO, la société d’investissement immobilier qui vend, échappe au TTB mais doit appuyer toute vente en vue de la nationalité sur le rapport du lot paru sur KAP ou sur un rapport neuf passé par WebTapu ou TADEBİS. Le seuil de 400 000 USD est inchangé.
Qu’est-ce que la citoyenneté par investissement, juridiquement ?
C’est une naturalisation décidée par l’État, jamais un achat. En Turquie, par exemple, la nationalité est accordée par décision du Président de la République à l’investisseur titulaire du titre de séjour d’investisseur, sous réserve de l’absence d’obstacle au regard de la sécurité nationale et de l’ordre public (loi n° 5901, article 12/1-b), et la loi précise que remplir les conditions ne donne pas un droit absolu à la nationalité (article 10/1). Il faut aussi distinguer la citoyenneté de la résidence par investissement. La Grèce, souvent citée, n’accorde pas la nationalité pour un investissement : elle délivre un titre de séjour permanent d’investisseur de cinq ans renouvelable (article 20B de la loi 4251/2014 ; seuils restructurés par l’article 64 de la loi 5100/2024), et la nationalité reste une demande distincte, relevant d’une autre loi, avec un examen de langue, d’histoire, de géographie, de culture et d’institutions grecques.
Quels pays ont un programme de citoyenneté par investissement en 2026 ?
Les montants ci-dessous sont ceux que publient les autorités de chaque programme ou leurs textes, relevés en août 2026 ; aucune de ces autorités ne publie de nombre de pays accessibles sans visa, et nous n’en donnons pas.
- Turquie : 400 000 USD en immobilier, avec interdiction de revendre pendant trois ans, ou 500 000 USD en dépôt bancaire, capital fixe, titres publics, parts de fonds ou retraite individuelle, ou la création de cinquante emplois (règlement d’application de la loi n° 5901, article 20/2).
- La Dominique : 200 000 USD au Fonds de diversification économique pour le demandeur principal, 250 000 USD avec trois personnes à charge au plus, ou un bien immobilier d’au moins 200 000 USD conservé trois ans, avec des frais publics de 75 000 USD pour un demandeur seul sur cette voie (Unité de la citoyenneté par investissement, règlement S.R.O. n° 8 de 2024).
- Sainte-Lucie : 240 000 USD au Fonds économique national pour le demandeur et trois personnes à charge au plus, 300 000 USD en obligations d’État conservées cinq ans avec 50 000 USD de frais non remboursables, ou 300 000 USD en immobilier agréé (Unité de la citoyenneté par investissement).
- Saint-Christophe-et-Niévès : 250 000 USD de contribution pour le demandeur ou une famille de quatre personnes au plus, 325 000 USD dans un projet immobilier agréé revendable après sept ans, 600 000 USD en immobilier privé, ou 250 000 USD dans un projet d’intérêt public (Unité de la citoyenneté par investissement, règlement S.R.O. n° 20 de 2024 modifié).
- La Grenade : 235 000 USD au Fonds de transformation nationale pour le demandeur et trois personnes à charge au plus, ou 350 000 USD dans un projet agréé, avec 50 000 USD de contribution publique et une interdiction de revendre de cinq ans (règlement S.R.O. n° 15 de 2024, en vigueur depuis le 1er juillet 2024, qui a abrogé le S.R.O. n° 12 de 2024). Le site officiel du programme affichait encore en août 2026 les anciens montants de 150 000 et 220 000 USD : c’est le règlement qui fait foi.
- Antigua-et-Barbuda : 230 000 USD au Fonds national de développement, 300 000 USD en immobilier agréé conservé cinq ans, 1 500 000 USD dans une entreprise éligible ; après la naturalisation, cinq jours de présence sur cinq années civiles sont exigés, sous peine de retrait sans remboursement (Unité de la citoyenneté par investissement).
- Vanuatu : 130 000 USD pour un demandeur seul dans le programme de soutien au développement, qui confère une citoyenneté honoraire, plus 5 000 USD de frais de vérification, ou 260 000 USD dans le plan d’investissement en capital (Commission de la citoyenneté). L’Union européenne a transféré Vanuatu sur la liste des pays dont les ressortissants doivent obtenir un visa.
- L’Égypte : 250 000 USD versés au Trésor sans remboursement, 300 000 USD en immobilier, 450 000 USD pour un projet d’investissement, dont 100 000 USD versés au Trésor sans remboursement, ou 500 000 USD déposés trois ans sans intérêts à la Banque centrale, avec 10 000 USD de frais de dossier (portail du Conseil des ministres).
- La Jordanie : depuis la décision du Conseil des ministres du 15 juillet 2026, les seuils sont libellés en dinars jordaniens, à partir de 500 000 dinars de capital libéré dans un nouveau projet hors d’Amman avec des emplois pour des Jordaniens ; les voies du dépôt à la Banque centrale et des bons du Trésor n’existent plus (communiqué de l’agence de presse jordanienne Petra du même jour).
Quels programmes ont fermé, ou n’ont jamais existé ?
- Malte : la Cour de justice de l’Union européenne a jugé le 29 avril 2025 (Commission/Malte, C-181/23) qu’un programme institutionnalisé de citoyenneté contre investissement viole le droit de l’Union, et Malte a abrogé le sien le 29 juillet 2025 ; les naturalisations déjà accordées n’ont pas été annulées rétroactivement. Les montants de 600 000 et 750 000 EUR qui circulent correspondent à des règles supprimées.
- Chypre : programme arrêté le 1er novembre 2020, et la base légale supprimée par le Parlement en décembre 2025.
- Le Monténégro : plus aucune demande acceptée depuis le 31 décembre 2022 ; l’article 12 de la loi sur la nationalité n’a pas été abrogé, et la Commission européenne a demandé son abrogation en novembre 2025.
- L’Autriche : aucun programme. L’article 10, paragraphe 6, de la loi sur la nationalité permet au gouvernement fédéral de reconnaitre un intérêt particulier de la République pour des services extraordinaires, sans aucun seuil financier ; un investissement passif ne suffit pas.
- La Macédoine du Nord : une naturalisation discrétionnaire dans l’intérêt économique national, sans montant publié par l’État ; la Commission européenne a relevé une naturalisation en 2023, deux en 2024 et une en 2025, et a demandé l’abolition du dispositif.
Qu’est-ce qui distingue la voie turque ?
Trois points. L’investissement reste à vous : un immeuble, un dépôt ou des titres que vous conservez trois ans puis pouvez céder, là où la voie de base des programmes des Caraïbes est une contribution versée à un fonds public. La famille entre dans le même dossier sans investissement supplémentaire, y compris les enfants majeurs qui sont à charge (loi n° 5901, article 12/1-b). Et la procédure n’exige ni résidence, ni examen de langue, ni entretien : un dossier bien préparé aboutit en trois à quatre mois. La Turquie est en outre liée aux États-Unis par un traité ouvrant le visa E-2 d’investisseur depuis le 18 mai 1990, avec une limite qui vaut pour toute nationalité acquise par un investissement financier : la loi américaine exige d’avoir eu son domicile dans ce pays au moins trois ans avant une première demande (8 U.S.C. 1101(a)(15)(E), modifié par la loi publique 117-263, section 5902(b)). Le détail est dans citoyenneté turque par investissement : le guide complet.
Comment comparer deux programmes sans se tromper ?
- Lire le texte en vigueur et sa date, pas une brochure : le cas de la Grenade montre qu’un site officiel peut afficher des montants que le règlement a remplacés.
- Vérifier ce qui est accordé : une nationalité, une nationalité honoraire ou un simple titre de séjour.
- Lire la durée de détention et les conditions de revente, qui décident de ce que vous récupérez.
- Lire qui entre dans la famille : conjoint, enfants mineurs, enfants majeurs à charge, parents.
- Lire les obligations après la naturalisation, comme la présence exigée à Antigua-et-Barbuda, et les cas de retrait : en Turquie, la nationalité obtenue par fausse déclaration ou sans que ses conditions légales soient réunies est annulée ou retirée (loi n° 5901, articles 31 et 40), et le ministère de l’Intérieur a annoncé le 4 août 2026 l’annulation ou le retrait de la nationalité de 6 134 personnes, familles comprises.
- Vérifier l’accès sans visa dans les règles du pays de destination lui-même, puisqu’aucune autorité de programme ne publie de nombre, et que ces règles changent, comme pour Vanuatu.
- Vérifier ce que votre propre loi dit de votre nationalité d’origine lorsque vous en acquérez une autre.
Faites lire les programmes avant de choisir
Sur un achat turc, le dossier se joue sur des vérifications faites avant que l’argent ne parte : le vendeur, l’usage antérieur du lot dans un autre dossier de nationalité, les hypothèques et annotations du titre, l’évaluation et le TTB ; sur un dépôt, l’accord de la banque. Le cabinet les fait et dit, texte en main, ce que chaque programme vous donne et ce qu’il vous laisse. Pour nous écrire, passez par la page de contact du cabinet.
À lire aussi : avocat en citoyenneté turque par investissement, citoyenneté turque par investissement en 2026 : les risques juridiques et comment obtenir la nationalité turque.
Montants étrangers relevés sur les sites et dans les textes des autorités de chaque programme en août 2026 ; loi n° 5901 et son règlement d’application lus dans les textes consolidés publiés sur mevzuat.gov.tr ; 8 U.S.C. 1101 lu dans l’édition du Code des États-Unis. Information générale, et non un conseil sur un dossier particulier ; la représentation ne commence qu’avec une convention signée.
